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"She's lost control again" in Manchester

Aujourd’hui, c’est direction Manchester avec un peu de culture à étaler. Si toi aussi tu aimes voyager, mais par-dessus tout, ce qui t’anime, c’est la musique, alors cet article est pour toi. Tu pourras me remercier ensuite de t’avoir donné aussi généreuse lecture. Mais revenons-en à nos moutons du nord de l’Angleterre…

 

Si tu es comme ma voisine qui écoute Patrick Sébastien et que pour toi Manchester n’évoque que la célèbre équipe de football où a joué David Beckham, tu sais le Manchester United, alors tu peux t’accrocher à ton siège de bureau parce que je vais refaire ta culture musicale et ébranler toute l’éducation que tu as reçue. Tu verras, après lecture de l’article tu m’aimeras et tu me le diras.

 

Manchester, faut le voir tout autrement… Ce n’est ni la ville du nord de l’Angleterre où il y fait mauvais et gris, ni la ville où le taux de suicide est le plus élevé (bon, je te l’accorde, on ne l’appelle pas « gunchester » pour rien, mais oublie ça le temps de la lecture, tu veux bien ?). Manchester c’est bien plus que tout ce que tu peux penser… Manchester c’est l’éclosion, le berceau, la renaissance.

Pour le moment tu ne vois pas où je veux en venir, pas vrai ?

 

Replongeons-nous un peu plus de 30 ans en arrière, en 1976, lorsque claquaient les rangers des punks sur les rues pavées de Manchester aux côtés de jeunes en manteaux en fourrures, se déplaçant en bande pour aller voir LE premier concert  hors de Londres des Sex Pistols.  Il n’y a que 30 à 40 personnes dans l’assistance, mais plusieurs d’entre elles sont devenues des figures emblématiques de la scène musicale de Manchester : Peter Hook de Joy Division et New Order, Morrissey des Smiths, Mark E. Smith de The Fall, Mick Hucknall de Simply Red, ainsi que Pete Shelley et Howard DeVoto des Buzzcocks.

 

A cette époque-là, on baigne en plein dans la révolution musicale avec l’arrivée des synthétiseurs aux sons venus de l’espace. David Bowie et le groupe Kraftwerk sont des figures emblématiques d’un courant musical avant-gardiste. La génération post-punk ayant eu le temps de digérer l’innovation de ces sons extraterrestres, cela a donné lieu à un tout nouveau courant qui éclate courant 70’s. On l’appelle la « New Wave » en rappel à la « nouvelle vague » des films français dans les années 50.

Ce que tu ne sais pas encore, c’est qu’un groupe qui allait tout bousculer dans le milieu de la musique sommeillait encore… à Manchester.

 

En effet, c’est en 1976 que le groupe de New Wave le plus prometteur de sa génération éclos à Manchester : Joy Division (connu à l’époque sous le nom de Warsaw).

Son chanteur et leader, Ian Curtis, apporte à la musique de ses 3 confrères des paroles glaciales et profondes qui viendront toucher un large public. Joy Division s’entoure bien et rapidement. On retiendra leur signature sur le très célèbre label indépendant tout droit venu de Manchester, Factory Records.

Tout s’enchaine très vite pour les acolytes de Ian Curtis mais Joy Division a trouvé une fin abrupte en mai 1980 soit un an après avoir publié leur premier album « Unknown Pleasure », et à la veille d’une tournée aux Etats-Unis qui leur promettait une gloire qui ne fut que posthume. Au même titre que la qualité et l’originalité de sa musique, cette trajectoire éclair et la mort frappante de son chanteur, ont néanmoins permis au groupe de devenir l’une des références marquantes de l’Histoire du rock. Quant à Ian Curtis, dépressif, atteint d’une épilepsie qui commençait à lui valoir des crises en plein concert et finalement suicidé par pendaison, il est naturellement devenu une icône du rock, et du genre musical dans lequel s’illustrait Joy Division en particulier.

 

Entre Post-Punk, New Wave et Cold Wave (nom donné à la New Wave en France), Joy Division fait la passerelle « underground » entre le rock traditionnel et tout un pan du rock alternatif (du gothique à l‘indus), la new wave (dont on pourrait citer comme autres figures emblématiques des groupes britanniques comme Depeche Mode ou The Cure) introduit l’électronique dans le rock, les effets de répétition, accorde une place prépondérante à la basse et s’autorise dans ses morceaux des expérimentations sonores là où jusque là les groupes de rock se contentaient de jouer de leurs instruments traditionnels de manière brute.

 

Leur célèbre morceau « She’s lost Control » reprend parfaitement ces ingrédients là pour composer une musique introspective, angoissante et hypnotisante, avec un son très distinctif au niveau des percussions notamment. Le chant, porté par la voix de baryton-basse de Ian Curtis avec des échos distordus qui viennent la hanter, évoque un personnage féminin sujet à des pertes de contrôle qu’on croit pouvoir attribuer à l’épilepsie (mais qui pourrait aussi bien être tout autre dérangement mental pour autant qu’on peut en juger dans l’absolu).

 

Avec Joy Division, le monde de la musique a pris un tournant tout autre que celui que nous suivions avant. Manchester a vu naître un des groupes les plus influents sur ses terres et rien que pour ça, cela m’a donné envie de faire claquer mes talons sur les rues pavées de Manchester (le temps d’un week-end ou d’un sejour linguistique…).

 

Si tu es toujours sceptique sur le fait que Manchester est une ville incontournable, ne serait-ce que pour ses musiciens extraordinaires et si Joy Division n’est pas à ton goût (sans pour autant vouer une passion à notre fameux Patrick Sébastien évoqué plus haut), tu dois savoir que Manchester a vu éclore bien plus de groupes de musiques que ce que tu ne l’imagines !

Pour ta culture : The Smiths, Oasis, New Order, The fall, Simply Red et meme Take That sont issus des quartiers populaires de cette belle ville du nord.

 

Si avec ça tu ne refais pas ta discothèque (ou au moins ta mp3thèque !), alors je ne peux plus rien pour toi.

Enfin si, peut-être…

 

Si c’est ton niveau de franglais qui t’effraie, tu peux te relaxer car grâce aux cours d’anglais dispensés à l’Ecole de langue Manchester, tu pourras venir t’égosiller à tue-tête lors d’un concert hypra-méga-chouette à l’Hacienda !

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Schweinderl